"Le vaginisme est à l'intromission du pénis ce qu'est le clignement de l'œil à la pénétration du moucheron". W S Kroger
Le vaginisme est la difficulté persistante ou récurrente de la femme à permettre l’introduction vaginale d’un pénis, d’un doigt ou de tout objet (un tampon applicateur ou un spéculum par exemple), malgré son désir de le faire. Il se traduit par des spasmes involontaires des muscles vaginaux et péri vaginaux. La contraction peut aller de légère, responsable d'un certain resserrement et d'une certaine gêne, à sévère, ce qui rend la pénétration difficile, douloureuse voire impossible. Chez certaines femmes, la simple anticipation d'une pénétration vaginale peut déclencher ce spasme musculaire.
Il ne faut pas confondre vaginisme et dyspareunie dont la définition est une douleur persistante et/ou récurrente lors d'une tentative de pénétration ou lors d'une pénétration totale. Concernant le vaginisme, la contracture musculaire n’est pas douloureuse. Par contre une douleur peut être ressentie seulement en cas de tentative de pénétration alors que le vagin est « fermé ». Ce n’est donc pas le vaginisme qui provoque une éventuelle douleur, mais parfois, la tentative de pénétration.
De plus, la douleur ou la mémoire d’une douleur peut être une cause de vaginisme.
On distingue deux types de vaginisme. Le primaire, survenant lors des premières relations sexuelles. Le secondaire, survenant après plusieurs mois ou années de relations sexuelles sans problème particulier. L’origine du vaginisme correspond à un symptôme phobique d’évitement, souvent du à l’anticipation de la peur de la douleur.
Vaginisme Primaire
Le vaginisme est primaire si la pénétration s'est toujours avérée impossible ou difficile. La forme primaire représente la fréquence la plus importante de vaginisme. Il apparaît au début de la vie sexuelle de la femme.
Vaginisme Secondaire
Le vaginisme est secondaire s’il apparaît après une vie sexuelle satisfaisante et sans problèmes particuliers. La pénétration devient impossible généralement à la suite d'un traumatisme.
Origine
L’origine du vaginisme correspond à un symptôme phobique d’évitement, souvent du à l’anticipation de la douleur physique et/ou de la souffrance mentale.
Exemples :
- Une éducation rigide où le thème de la sexualité et tabou ou réprimé ; où l’image du sexe est associé à des sentiments de honte de dégoût, de culpabilité et de peur. (Vaginisme primaire)
- Une première expérience brutale, douloureuse ou mal vécue, des abus sexuels rencontrés dans l'enfance, ou des agressions sexuelles de toute nature, viol ou tentative de viol, inceste. (Vaginisme primaire)
- La méconnaissance du schéma corporel induisant une représentation erronée de son corps et de ses organes génitaux. La femme ne connaît pas son corps, n’a jamais regardé avec une glace son sexe, jamais introduit un doigt dans son vagin. Ainsi la femme se représente un vagin trop étroit ou un hymen épais obstruant l'orifice vaginal. Elle ne peut alors concevoir une quelconque pénétration sans douleur. (Vaginisme primaire)
- Une incompatibilité avec le partenaire (partenaire imposé pour raison culturel par exemple) , l'ambivalence vis à vis de la venue d'un futur enfant (crainte de la grossesse).
- Des troubles de la sexualité, (trouble de la maturation sexuelle, homosexualité latente). (Vaginisme primaire et secondaire).
- La crainte d’infection par maladie sexuellement transmissible (Vaginisme primaire et secondaire)
- Lésion ou infection au niveau du vagin induisant une douleur ou une crainte de la douleur. (Vaginisme primaire et secondaire)
- Un événement traumatique intervenant dans la vie de la femme. Par exemple l’épisiotomie, des rapports sexuels brutaux et douloureux, un viol. (Vaginisme secondaire).
A chaque vaginisme son histoire. Il n'existe donc pas de traitement standard pour celui ci. C'est la raison pour laquelle le diagnostique doit être clairement établi et le dysfonctionnement traité par un spécialiste. Toufefois il est souhaitable d'aborder le traitement d'une façon globale, c'est à dire d'un point de vue à la fois physique et psychologique. Education de la patiente sur la connaissance de son anatomie urogénitale, prise en compte des antécédents personnels, psychologiques et relationnels sont les bases necessaires au bon déroulement d'un traitement.
Olivier Ropars Sexologue sur phyneo.fr
|